Apprendre à mieux se connaître

Mieux on se connaît, mieux on peut se vendre auprès des entreprises. Avant de vous lancer tête baissée dans une recherche d’emploi, nous vous proposons de passer au crible vos acquis et expériences.

Quels sont mes acquis avec mon BTS Tourisme ? Que m’a apporté mon stage chez Renault ? Quelles qualités se sont révélées lors de mon petit boulot de serveur chez Pizza Hut ?… Lors de l’élaboration d’un projet professionnel, tout doit être passé au crible. Vous devez dégager vos points forts et vos points faibles dans les trois domaines qui intéressent votre futur employeur : votre formation, vos diverses expériences et votre personnalité. Prenez trois feuilles : l’une pour identifier vos connaissances, l’autre pour lister vos compétences et la dernière pour répertorier vos qualités.

Listez vos connaissances

Qu’ai-je appris pendant mes années de formation ? À quoi cela peut-il me servir ? Vous devez vous poser ces deux questions essentielles. Fouillez dans votre mémoire et retracez votre parcours postbaccalauréat : vous possédez certainement des acquis dont vous n’avez toujours pas conscience. Mettez en exergue les atouts et les particularités de votre formation : ils vous distinguent des autres candidats. Énumérez les étapes de votre formation jusqu’aux derniers diplômes obtenus. Indiquez vos spécialisations, les matières prépondérantes de vos TD, vos options… Si vous êtes diplômé d’un établissement réputé, signalez-le. De même, si vous avez étudié à l’étranger ou suivi des cours du soir, précisez-le. N’oubliez aucun détail. Vos connaissances ne se limitent pas à votre cursus universitaire. Vous avez des centres d’intérêt. Vous pratiquez des activités culturelles, artistiques ou sportives. Vos spécificités feront peut-être la différence au moment du recrutement.

Valorisez vos acquis

Après avoir passé en revue votre parcours, prenez du recul pour sélectionner les acquis qui peuvent vous être utiles. Replacez-vous dans le contexte de vos études. Demandez-vous alors pourquoi vous avez suivi telle ou telle formation, et qu’est-ce qui vous a le plus intéressé. Essayez de déterminer dans quels domaines vous réussissiez le mieux. Vous pouvez, par exemple, mesurer votre niveau en langues étrangères en vous appuyant sur vos voyages, vos séjours linguistiques, voire vos scores à des tests comme le Toefl (Test of English as a Foreign Language) ou le TOEIC (Test of English for International Communication) pour la pratique de l’anglais. Adoptez la même procédure pour vos connaissances en informatique. Indiquez le nom des logiciels que vous maîtrisez : Word, Excel, etc.

Décortiquez vos expériences

Les jeunes diplômés peuvent masquer leur manque d’expérience en valorisant leurs stages en entreprise. S’ils sont longs (au moins six mois, mais un an est encore mieux), certains recruteurs les assimilent à de réelles pratiques de travail. « Pensez également aux activités extra-professionnelles : engagement associatif, animation du BDE, actions de bénévolat, missions humanitaires, organisation d’événements culturels, etc. », conseille Yannick Morel, responsable du centre Apec (Association pour l’emploi des cadres) de Marseille. Ces expériences de courte durée ne sont pas à négliger. Car elles démontrent que vous avez mis les pieds dans une entreprise et que vous avez un esprit d’équipe et d’organisation. Pour bien apprécier l’ensemble de vos expériences, utilisez le même procédé que pour l’inventaire de vos connaissances : listez l’ensemble de vos savoir-faire. De quoi êtes-vous capable ? Quels sont vos succès et vos échecs ? Posez-vous ces questions pour vos stages, vos CDD, vos petits boulots ou vos jobs d’été : baby-sitting, marketing téléphonique, restauration rapide, accueil, encadrement dans un centre de vacances, etc. « Les entreprises attendent du jeune diplômé qu’il se comporte en véritable professionnel. Vous devez donc afficher votre technicité : effectifs de l’entreprise qui vous a accueilli en tant que stagiaire, moyens mis en œuvre, résultats obtenus, etc. », précise Gisèle Atwell, responsable de l’Espace jeunes diplômés à l’ANPE La Défense (92).

Décodez votre « savoir-être»

Vous êtes nombreux à postuler pour le même poste. Vous avez pratiquement tous suivi la même formation. Et vous ne possédez pas beaucoup d’expérience professionnelle. Votre personnalité va donc jouer un rôle déterminant, voire essentiel. Pour convaincre un recruteur, il vous faudra trouver les raisons pour lesquelles on peut s’intéresser à vous. Quels sont vos atouts, vos points d’amélioration ? Partez de l’impression que vous avez de vous-même en vous appuyant sur des situations concrètes vécues lors de vos stages. Définissez-vous en faisant ressortir une dizaine de traits caractéristiques, puis en classant vos cinq points forts et vos cinq points faibles. Vous pouvez aussi interroger vos proches et recouper leurs réponses. Si, après avoir interrogé dix personnes (frères et sœurs, parents, cousins, petit ami, copains…), deux caractéristiques reviennent, alors c’est bien l’image que vous renvoyez. Même si elles ne reflètent pas totalement l’idée que vous avez de vous-même. Dame blanche : Définissez-vous en faisant ressortir une dizaine de traits caractéristiques, puis en classant vos cinq points forts et vos cinq points faibles. Avant de contacter les entreprises, déterminez ce que vous voulez faire et ne pas faire. Bâtir un projet professionnel vous permettra de mieux cibler vos recherches et d’élaborer ainsi un plan d’action plus pertinent. Déclarer haut et fort « Je veux être conseiller commercial » ne signifie pas que vous savez ce que vous voulez faire. Il vous faut un vrai bilan pour mieux vous connaître. Ce projet professionnel vous indiquera les voies qu’il faut emprunter sur la route sinueuse du marché de l’emploi. « Le jeune diplômé doit se projeter dans son futur emploi », déclare Michel Gibert, consultant chez BPI et auteur de Préparer et valoriser son bilan de compétences (Editions d’Organisation). Ce guide est truffé de jeux-tests qui vous permettent de concrétiser votre projet professionnel. La réalisation du bilan permet à ceux qui estiment avoir une vocation de valider leurs pistes professionnelles et de confronter leur projet avec la réalité. Votre projet professionnel doit s’appuyer sur votre bilan. Vous devez définir les postes que vous recherchez à court ou moyen terme, et éventuellement votre objectif à long terme. Projetez-vous dans les cinq années à venir et analysez vos envies. « Le jeune diplômé devrait avoir deux axes de réflexion : cerner son aire de mobilité (Où vais-je me retrouver dans deux ans ?) et élargir son aire d’employabilité (Quelle sera ma valeur ajoutée d’ici à quatre ans ?) », précise Yannick Morel de l’Apec. Ces questions peuvent vous être posées lors d’un entretien. Le recruteur cherchera à savoir comment vous envisagez votre avenir. D’autant plus, que la tendance est à la fidélisation des nouveaux intégrés. Voici quelques conseils pour vous créer votre propre boussole professionnelle.

Les cinq questions qu’il faut vous poser

Précisez dans quel environnement vous souhaitez travailler en confrontant vos aspirations professionnelles avec votre bilan. Voici les critères qu’il vous faudra examiner :

1) Quelle fonction ou quel poste je convoite ? Vérifiez sur Internet les postes offerts par les entreprises et les missions qui s’y rattachent afin de définir votre futur emploi.

2) Quel niveau de responsabilité je recherche ? – Vous êtes ambitieux, vous voulez tout de suite un poste à responsabilités. – Vous préférez être intégré à l’entreprise progressivement par un système de mentoring (un parrainage d’un cadre senior).

3) Quel domaine d’activité d’une entreprise m’intéresse ? Vous voulez être commercial dans une enseigne. Soit. Mais préférez-vous le magasin ou une centrale d’achat ?

4) Où va se trouver mon lieu de travail ? – Vous êtes plutôt sédentaire. Vous n’aimez pas les déplacements. Vous préférez décrocher un poste à proximité de votre domicile. – Vous êtes mobile, mais seulement pour des missions en France. – Vous êtes sans attaches familiales, prêt (e) à vous envoler pour n’importe quelle destination.

5) Quel type d’entreprise me correspond ? – Vous préférez rejoindre une petite structure ou évoluer dans un grand groupe ? – Vous voulez intégrer une entreprise qui correspond à vos valeurs. – Vous voulez préserver un équilibre entre votre vie personnelle et professionnelle. « Vous pouvez avoir plusieurs projets professionnels. Ne vous limitez pas dans vos réflexions », conseille Yannick Morel. Essayez d’identifier deux ou trois projets qui vous semblent réalistes, au vu de vos compétences. Ensuite, vous ferez votre choix en confrontant vos souhaits professionnels aux attentes du marché.

Des organismes à votre service : Des organismes proposent des ateliers gratuits d’accompagnement à la définition du projet professionnel.

Pole Emploi

L’Apec pour les titulaires d’un Bac +4

SCUIO : dans certaines facultés, les Services communs universitaires d’information et d’orientation vous aident à rédiger votre projet professionnel.

À lire

Construire son projet professionnel – Guide destiné aux étudiants pour la découverte des métiers et de l’environnement professionnel – License / DUT / Bachelor
Réaliser son projet professionnel – Faire le point sur ses expériences – Valoriser son parcours – Mettre en oeuvre une stratégie. Studyrama